Amashi — le mashi, langue bantoue du Bushi (Sud-Kivu, RDC)

Shi · Cishi · ISO 639-3 shr

Mashi, n. m. — Langue bantoue du Bushi, Sud-Kivu, République Démocratique du Congo · Portée par plus d'un million de voix · Riche d'une tradition orale de proverbes, de contes et de chants depuis des siècles.

Mashi, n. — A Bantu language of Bushi, South Kivu, Democratic Republic of the Congo · Carried by over a million voices · Rich in an oral tradition of proverbs, tales, and songs for centuries.

Amashi trace la voie de cette langue dans le monde de demain.

Amashi carves the path for this language in tomorrow's world.

Vue du lac Kivu, bordé par les collines du Bushi
Les collines du Bushi, adossées aux volcans, bordées par le lac Kivu.The hills of Bushi, backed by volcanoes and bordered by Lake Kivu. Photo : Grace Tshiyonga · CC BY-SA 3.0
Illustration d'un conteur du Bushi lors d'une veillée
«Par-delà la rivière, voici devant vous les collines fertiles du Bushi.»“Beyond the river, here before you lie the fertile hills of Bushi.”
Namuhoye aux Baluzi — d'après Paul Masson, Trois siècles chez les BashiNamuhoye to the Baluzi — after Paul Masson, Trois siècles chez les Bashi

À propos

Une langue, une terre, une mémoire

A language, a land, a memory

Adossé aux volcans, fermé par les montagnes et bordé par les eaux du lac Kivu, le Bushi a vu son histoire consignée dans de précieux ouvrages ; mais ce qu'il a de plus vivant appartient à ses conteurs : proverbes, contes et chants passés de voix en voix, de génération en génération. Rien ne les retient que la mémoire. Ainsi, lorsqu'un ancien s'en va, c'est une bibliothèque qui se tait.

Amashi tient son nom de cet héritage — un seul mot pour réunir le peuple (Bashi), sa langue (mashi) et sa terre (Bushi). C'est un ensemble grandissant de technologies du langage conçues pour le mashi : la traduction d'abord, puis les moyens, pour les machines, de l'entendre, de le dire, de le lire, de l'écrire — et, un jour, de converser dans cette langue.


Backed by volcanoes, enclosed by mountains and bordered by the waters of Lake Kivu, Bushi has seen its history set down in precious volumes, yet what is most alive in it belongs to its storytellers: proverbs, tales and songs passed from voice to voice, generation after generation. Nothing holds them but memory. So when an elder dies, a library falls silent.

Amashi takes its name from that inheritance — a single word gathering the people (Bashi), their language (Mashi) and their land (Bushi). It is a growing set of language technologies built for Mashi: translation first, and in time the means for machines to hear it, speak it, read it, write it — and one day, to hold a conversation in it.

Notre raison d'être

Why Amashi exists

En mashi

Olwishi lulibagana isôko lyalwo lwahirima.

La rivière qui oublie sa source finit par se perdre.

The river that forgets its source loses its way.

Une langue survit tant qu'on la porte. Depuis des siècles, le mashi est porté par la voix — de la bouche des aînés à l'oreille des enfants — et porte à son tour tout un peuple : son histoire, son savoir, sa manière de nommer le monde. Mais la voix n'est plus le seul endroit où une langue peut se perdre.

Aujourd'hui, le savoir passe par les écrans, par les moteurs de recherche, par les machines. Une langue absente de ce monde-là n'est pas seulement inaudible : elle devient illisible pour les systèmes qui décident, de plus en plus, de ce qui est connu. La traduction est notre point de départ — un moyen de donner au mashi une place là où, désormais, se décide l'avenir. Car une langue qui vit en ligne, c'est une communauté dont la voix, la mémoire et le savoir comptent encore : dans l'éducation, dans la santé, dans l'apprentissage de la lecture et de l'écriture, dans l'accès à l'information dans sa propre langue.

À mesure que l'intelligence artificielle progresse, les langues qu'elle peut servir sont, en pratique, celles qu'elle parvient à trouver. Celles qu'elle ne trouve pas sont condamnées à une invisibilité technologique, puis au silence. Ce que l'ingénierie a accompli pour les grandes langues du monde doit maintenant l'être pour le mashi. C'est tout le pari d'Amashi : bâtir les fondations numériques qui ont manqué à cette langue, afin que cette communauté récolte enfin les fruits de cette inclusion, et saisisse les possibilités qu'elle fait naître. Et la traduction n'en est que la première pierre.


A language survives as long as it is carried. For centuries, Mashi has been carried by the voice — from the elders' lips to the children's ears — bearing a whole people: its history, its knowledge, its way of naming the world. But the voice is no longer the only place a language can be lost.

Today, knowledge moves through screens, through search, through machines. A language absent from that world does not merely go unheard; it becomes unreadable to the systems that increasingly decide what is known. Translation is our starting point — a way to give Mashi a place where the future is now being decided. Because a language that lives online is a community whose voice, memory and knowledge still count: in education, in health, in learning to read and write, in reaching information in one's own tongue.

As artificial intelligence advances, the languages it can serve are, in practice, the ones it can find. Those it cannot find are condemned to technological invisibility — and, in time, to silence. What engineering has achieved for the world's major languages must now be done for Mashi. That is Amashi's wager: to build the digital foundations this language never had, so that this community may at last reap the fruits of that inclusion, and seize the possibilities it opens. Translation is only the first stone.

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